Je propose de temps à autre à Petit Baroudeur de faire de la cuisine … A vrai dire, il en redemande et spontanément au quotidien demande à m’aider …
Evidemment, pour moi … il n’est pas question de gagner du temps ou d’avoir une aide forcément efficace, mais plutôt de le laisser expérimenter, découvrir, imiter, être fier de pouvoir participer, et bonus prendre plaisir à « aider ».
Ce qui m’amuse, c’est la réaction des adultes qui peuvent être présents … même son Papa … « Mais, il va se faire mal » … « Mais c’est trop compliqué » …. etc. etc. et de découvrir que finalement à 3 ans, presque 4 maintenant, notre petit bonhomme est capable de faire certaines choses : couper des fruits/légumes, casser des oeufs, mélanger une préparation sans en mettre partout …
Là pour les vacances, on a accentué les choses et Petit Baroudeur a mis la main à la pate quasiment tous les jours … et vraiment, c’est une activité à proposer sans modération aux enfants, du moment que l’on reste dans le plaisir comme toujours.
Alors, au niveau « développement psychomot » qu’est ce que cela leur apporte ?
- Une découverte sensorielle importante : les textures, les odeurs, le goût… sans oublier la vue et l’audition. Tous les sens sont fortement sollicités. Et j’appuie beaucoup sur l’importance du tactile pour que les enfants se familiarisent avec des textures nouvelles, surprenantes, et développent leur « toucher ». ( Et là, je pense à tous ces enfants qui …. non familiarisés avec …. ne supportent pas de toucher quoi ce soit de différent, ne serait ce que de la peinture ou de la pâte à modeler sans avoir une réaction de dégout).
Evidemment, l’odeur et le goût ne sont pas de reste … vive les odeurs de cuisson, les épices, les fruits … qui étonnent, chatouillent le nez, interpellent, donnent envie de goûter …. et quoi de mieux pour donner envie de goûter un aliment que de le triturer entre ses mains, le couper en morceaux, le sentir etc.
La vue et l’audition ? Et bien oui, certains ingrédients peuvent être déroutants à observer comme la forme des fruits et légumes … allez, par exemple, un peu de discrimination visuelle entre une courgette et un concombre … et cela n’a rien d’une blague, je connais bien des adultes qui ne cuisinent jamais et ont un mal fou à différencier ces deux légumes.
Et l’audition : le bruit de l’huile qui grésille, la vapeur qui s’échappe d’une cocotte etc.
Enfin, vous voyez, c’est d’une richesse sensorielle étonnante !!
- Une sollicitation de la motricité fine : là, je vous assure que l’enfant « travaille » sa motricité fine sans s’en rendre compte : mélanger, couper, transvaser au verre ou à la cuillère, racler avec une spatule, insérer des pépites de chocolat sur des biscuits, étaler une pate.
Cela fait travailler l’ensemble du bras, mais aussi la souplesse et la mobilité du poignet, la force de la main et des doigts, la dissociation des doigts. Pour tous les « adultes focalisés sur le graphisme » … au lieu de leur donner des fiches et des fiches de graphisme dont l’enfant se lasse ( voire se dégoute), donner leur à patouiller … ce sera bien plus efficace 😉
- Un effort d‘attention et de concentration : être attentif à la recette dessinée, ou expliquée par l’adulte …. pouvoir attendre le moment de mélanger, de goûter etc.
- Une ouverture sur d’autres notions … avec un aspect plus pédagogique, diront certains :
Le temps : vivre la durée …. laisser reposer une pate à crèpes, attendre pendant que le gâteau cuit, observer un sablier se vider etc.
Les quantités : « plus » et « moins », remplir une certaine hauteur dans un verre mesureur « plus ou moins haut », utiliser une balance, remplir un (des) moule(s) avec la préparation etc.
La numération : par exemple, compter le nombre d’oeufs … les légumes, fruits etc.
La lecture : faire des correspondances d’images/ de lettres/de mots entre la recette et les ingrédients devant soi. Retrouver des lettres/ des mots sur les emballages etc.
Cela favorise aussi l’autonomisation de l’enfant, le plaisir d’apprendre, de créer et de faire des choses avec ses 10 doigts ! Il n’y a pas qu’avec des « jeux tout faits » que l’on s’amuse 😉
Et après, c’est aussi ( et surtout ) un très bon moment à partager ensemble !! … sans oublier que tout le monde se régale ensuite !
Alors Bon appétit !!
Bonjour,
Chez nous on a commencé avec de la pâte à patouille comme je l’appelle (farine+eau, et on met de plus en plus d’eau pour changer les textures et on patouille de dans).
Depuis un an, on fait des gâteaux. Pourtant depuis 2 ou 3 mois mon presque 3 ans rechigne à se salir les mains dans la pâte. Il a l’air dégoûté.
Donc c’est pas forcément des enfants qui ne connaissent pas, des fois on se demande ce qui se passe dans leur petite tête.
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